Labé : Instances de décision en Guinée : « Les femmes doivent être formées et accompagnées »

La question de la participation des femmes dans les instances de prise de décision reste un enjeu majeur pour la promotion de l’égalité en Guinée.

Dans un entretien accordé à notre rédaction ce vendredi 13 mars 2026, Kadiatou Baillo Soumano, Inspectrice régionale de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Labé, appelle à un accompagnement renforcé des femmes afin de favoriser leur accès aux postes de responsabilité.
Selon elle, de nombreuses femmes disposent des compétences et des qualifications nécessaires mais hésitent encore à se mettre en avant.
« Il y a aujourd’hui des braves femmes qui sont capables, diplômées et déterminées, mais qui restent dans l’ombre et n’osent pas apparaître. »
Pour l’inspectrice régionale, l’accompagnement des femmes doit passer par le renforcement de leurs capacités, notamment à travers la formation et le mentorat.
« Pour qu’une femme puisse être bien positionnée dans les instances de décision, il faut qu’elle soit formée au leadership, au management et qu’elle soit coachée par d’autres femmes qui ont eu la chance d’aller plus loin.»
Elle souligne que les femmes déjà émancipées ont également un rôle important à jouer dans ce processus.
« Les femmes qui ont eu la chance d’être émancipées doivent accompagner celles qui ne le sont pas encore. C’est quand on est émancipée qu’on peut véritablement défendre ses droits. »
Quant à l’objectif des 30 % de représentation, l’inspectrice rappelle également l’existence de dispositions.
« La loi prévoit que les femmes doivent avoir 30 % de représentation dans les instances de prise de décision. Pour y arriver, les femmes doivent accepter d’être visibles, se former et s’engager davantage. »
Elle estime toutefois que, malgré certaines avancées, la représentation des femmes reste encore insuffisante dans plusieurs structures administratives.
Prenant l’exemple de la région administrative de Labé, elle indique que des efforts restent à faire.
« Si nous regardons les postes de décision dans la région administrative de Labé, nous constatons que le pari reste encore à gagner. Par exemple, parmi les préfets de la région, il n’y a aucune femme. » regrette-t-elle.

Pour l’inspectrice régionale, confier des responsabilités aux femmes peut contribuer à améliorer la gouvernance et la gestion des institutions.
Elle cite notamment l’exemple de certaines femmes qui occupent aujourd’hui des postes stratégiques et qui font la fierté du pays.
« Quand on fait confiance aux femmes et qu’on leur confie des responsabilités, elles peuvent relever les défis et obtenir des résultats remarquables. »
Elle évoque notamment l’exemple de la directrice nationale des élections, qui, selon elle, a su conduire des processus électoraux dans des conditions apaisées.

À l’occasion du mois de mars, dédié à la célébration des droits des femmes, l’inspectrice régionale adresse également un message d’encouragement aux femmes de Guinée, en particulier à celles de la région de Labé.
« Les femmes sont souvent les premières à se lever et les dernières à se coucher. Beaucoup d’entre elles sont devenues aujourd’hui des piliers pour leurs familles et leurs communautés. » rappelle

Tiguidanké Diallo
Journaliste – Activiste des droits des femmes

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