Violences en milieu universitaire : entre harcèlement et nécessité de changement de mentalité
Les violences basées sur le genre existent également en milieu universitaire en Guinée. À l’Université de Labé, cette réalité est évoquée par Oumou Baldé, enseignante-chercheure au département de photovoltaïque et présidente de la commission genre et équité, qui attire l’attention sur certaines pratiques préoccupantes, notamment le harcèlement et les comportements inappropriés.
Des formes de violences souvent invisibles
Selon elle, certaines violences sont subtiles mais bien présentes :
« Il y a des formes de violences à l’université, notamment des harcèlements. Cela se manifeste parfois dans la manière de parler aux étudiantes ou dans la façon de s’adresser aux étudiants. »
Ces attitudes, souvent minimisées, peuvent pourtant affecter la confiance et la participation des étudiantes.
Des mécanismes de prise en charge existants
Face à ces situations, des dispositifs sont mis en place au sein de l’université :
« Il existe un centre d’écoute à l’université. »
« Les cas sont gérés par les responsables de programmes, qui assurent la gestion des situations entre les étudiantes et les enseignants. »
Un parcours inspirant dans un milieu masculin
Au-delà de son rôle professionnel, Oumou Baldé partage un parcours marqué par la persévérance.
« Je suis ingénieure agro-technicienne de formation. J’ai commencé à l’EPI de Kindia. »
Elle souligne les défis rencontrés dès ses débuts :
« Nous étions seulement deux filles dans la classe. Ce n’était pas facile d’évoluer dans un environnement majoritairement masculin. »
Malgré cela, elle a poursuivi ses études avec détermination, guidée par ses ambitions :
« Je viens d’un milieu modeste, mais j’avais un objectif clair : réussir mes études. »
Le rôle du soutien familial
Elle met en avant l’importance de l’entourage dans la réussite des femmes :
« Mon mari m’a soutenue dans mon parcours. Aujourd’hui, nous avons quatre enfants. »
Changer les mentalités par l’éducation
Pour elle, la transformation de la société passe aussi par la famille :
« Aujourd’hui, j’éduque mes filles et mes garçons de la même manière. »
« Il n’y a pas de tâches réservées aux filles ou aux garçons. Ce sont des responsabilités que chacun peut assumer selon ses capacités. »
Elle insiste sur la nécessité d’un changement profond :
« Il faut changer les mentalités dès l’éducation pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes. »
Conclusion
À travers son témoignage, Oumou Baldé met en lumière les réalités des violences en milieu universitaire, tout en portant un message fort sur l’importance de l’éducation, de l’égalité et de l’autonomisation pour construire une société plus juste.

